Écoles par confession

Introduction

On compte 953 écoles confessionnelles sur 1324 écoles au total, soit  72 % des écoles. En 2025, 22 % des créations étaient confessionnelles.

Parmi les 1324 groupes scolaires dénombrés en 2025/2026, les différentes confessions sont représentées de la manière suivante :
。953 – aconfessionnel
。227 – catholique
。50 – musulman
。52 – protestant
。42 – juif

Par ailleurs, il existe les écoles Steiner-Waldorf qui se rattachent à une forme de philosophie gnostique, appelée l’anthropologie.

Les écoles confessionnelles hors contrat n’ont théoriquement pas les contraintes qu’ont les écoles sous contrat en matière de respect de la liberté de conscience. Elles doivent simplement respecter le cadre républicain, les lois en vigueur et, si elles comptent percevoir des subventions publiques, le contrat d’engagement citoyen, lequel contient des dispositions relatives à la laïcité. Elles peuvent rendre obligatoires les cours ou activités religieuses, tout en respectant la liberté de ses élèves d’adhérer intérieurement ou pas à ce qui leur est enseigné.

Elles sont étroitement observées par la MIVILUDES.


Article par David Vauthrin, président de l’Association Familiale d’Éducation en Essonne (AFEE)

Qu’est-ce qu’une école catholique hors contrat ? David Vauthrin dresse ici le témoignage de son groupe scolaire qui comprend l’école de Tarcisius depuis 2013, et le collège de la Trinité depuis 2017, à Briis-sous-Forges en Essonne.

Avant d’intégrer l’école de Tarcisius, j’avais, comme beaucoup des a priori sur le hors contrat. On imagine un milieu à part du monde, à la qualité éducative douteuse, où un entre-soi poussiéreux guide un monde refermé sur lui-même. Et comme tout a priori, cette vision était très éloignée de la réalité. Ce groupe scolaire s’illustre bien au contraire par son ouverture, tout en étant clair sur son identité. Ce n’est pas une école catholique car elle est indépendante, n’ayant pas demandé une reconnaissance comme telle par l’ordinaire du lieu, l’évêque du diocèse, mais c’est une école de catholiques et, en tant que telle, la vie de foi est au cœur de son projet d’établissement.

L’école et le collège sont un lieu de vie et d’unité, où catholiques de toutes sensibilités, pratiquants ou non, accueillant aussi protestants et orthodoxes, s’accordent pour vivre le meilleur de ce projet, avec une ouverture et une disponibilité totales. Un témoignage récent de nouveaux parents illustre cet esprit dont vit ce groupe scolaire : 

  • « Nous avons été rassurés sur la qualité de l’enseignement : il était clair que le travail était sérieux et rigoureux. »
  • « Nous avions peur d’être jugés parce que nous n’étions pas “catholiques de naissance”. En réalité, nous avons été accueillis avec une bienveillance incroyable ! Personne ne nous a jugés pour notre parcours atypique. Au contraire, nous avons été accompagnés, écoutés et intégrés dans une communauté où chacun est connu et valorisé. »
  • « Dans une école publique, on est souvent un numéro. Ici, tout le monde connaît le prénom de  votre enfant. C’est une expérience que nous n’avions jamais vécue ailleurs. »
  • « Venez découvrir l’école ! Ne vous arrêtez pas aux préjugés : même si vous n’êtes pas catholiques (ou si vous êtes d’une autre confession), l’école est ouverte. Nous sommes arrivés en tant que « nouveaux chrétiens », et nous avons trouvé une communauté où orthodoxes, protestants et catholiques cohabitent en harmonie. Osez franchir le pas ! Nous l’avons fait, et c’est l’une des meilleures décisions que nous ayons prises pour Louise… et pour nous-mêmes. »

Maintenir à la fois une identité forte et une ouverture, cela demande un soin constant, tant sur l’esprit de l’école, que sur les familles qui la composent. Le conseil d’administration a mis en place un véritable processus d’accueil des familles, dès la préparation de leur inscription, afin de les embarquer dans l’aventure de l’établissement, dès le début : chaque famille sait où elle met les pieds, et ce qu’elle sera amenée à vivre. Libre à elle d’y adhérer pleinement, en connaissance de cause.


Les écoles protestantes

Article par Nathaniël Caron, Avec Luc Bussière

« L’École fut le premier mot de la Réforme, le plus grand » écrivit Michelet dans son Histoire de France. Dès le XVIᵉ siècle, les Réformateurs placèrent l’éducation au centre de leurs préoccupations. Partout en France, les communautés protestantes s’attachèrent à créer et entretenir des écoles, collèges et Académies.  Au XIXᵉ siècle, plus de 1 500 établissements protestants étaient implantés sur le territoire. Mais à la fin du XIXᵉ siècle, dans un contexte de confiance envers la jeune République et après les lois scolaires de 1882, la totalité de ces écoles furent progressivement intégrées au système public …

Il faut attendre les années 1980 pour qu’un nouvel élan voie le jour. Face aux profondes mutations culturelles et sociétales, des éducateurs protestants ressentent la nécessité de proposer une offre éducative alternative, enracinée dans la foi chrétienne. Ils entreprennent alors de refonder des établissements confessionnels, renouant avec l’héritage historique tout en répondant aux défis contemporains.

Aujourd’hui, une quarantaine d’établissements protestants sont présents en France. Ces écoles se développent et se multiplient, à la demande des familles et avec un soutien de plus en plus franc des institutions protestantes (dont le CNEF et les Associations Familiales Protestantes). La plupart sont rattachées au réseau national Mathurin Cordier, qui se structure et se développe progressivement.

À l’image du protestantisme lui-même, ces écoles se distinguent par leur diversité : diversité des contextes locaux, des tailles d’établissements, des approches pédagogiques. Cette pluralité est assumée comme une richesse. Elle permet l’innovation, l’adaptation et la complémentarité.

Cependant, au-delà des différences, une vision commune unit ces établissements :

  • Une approche holistique de la personne (l’enfant est considéré dans toutes ses dimensions : intellectuelle, morale, relationnelle et spirituelle. L’éducation ne se limite pas à la transmission de savoirs ; elle vise la formation de la personne tout entière).
  • La recherche du vrai et du beau (dans un contexte culturel marqué par le relativisme, ces établissements affirment qu’il existe une Vérité à chercher et une beauté à contempler).
  • La transmission de repères solides (l’enseignement s’enracine dans les valeurs évangéliques, proposées avec clarté et conviction, afin d’offrir aux jeunes des repères stables et structurants) ;
  • L’exigence académique (fidèles à l’héritage protestant qui valorise le travail et la responsabilité, ces écoles accordent une grande importance à la solidité des connaissances et des compétences. Elles cherchent à former des élèves autonomes, cultivés et capables d’engagement).
  • Un accueil ouvert et bienveillant (dans l’esprit de l’Évangile, les établissements protestants accueillent des élèves de tous horizons).

Ces établissements sont très majoritairement privés hors-contrat, de sensibilité évangélique. L’un des plus anciens est l’établissement Daniel (à Guebwiller) accueillant aujourd’hui environ 240 élèves de la maternelle au lycée.

Vision de l’éducation protestante : Un espoir pour l’école : L’éducation chrétienne, une offre alternative, COLLECTIF, éditions Farel, 2018.

Ancrage de la Vision dans l’Histoire et la Tradition : Richesses enfouies, BUSSIÈRE Luc, éditions Mathurin Cordier.

Histoire du lien instruction & protestantisme : Du bonheur de savoir lire, RUOLT Anne, Excelsis, 2014.

Histoire du protestantisme : Histoire des Protestants, une Minorité en France (XVIe-XXIe Siècle), BAUBÉROT Jean, CARBONNIER-BURKARD Marianne, Ellipse, 2016 ; Du ghetto ou réseau : le protestantisme évangélique en France, FATH Sébastien, Labor et Fides, 2018. 

Réseau Mathurin Cordier : https://mathurincordier.fr

Pôle éducation des AFP : https://www.educationprotestanteafp.com

Établissement Daniel (Guebwiller) : https://www.etab-daniel.org

Établissement La Chrysalide (Lyon) : https://chrysalide-education.fr

Établissement du Petit Prince (Osny) : https://etablissementdupetitprince.fr


Les écoles juives

Avec 300 établissements et environ 35 000 élèves, les écoles juives sont une réalité très vivante. Ces écoles ont dû accueillir récemment de nouvelles populations juives scolarisées jusque- là en école publiques, dans le contexte de la montée de l’antisémitisme notamment dans les banlieues.

École Juive│La liste des écoles Juives en France

Les écoles juives sont organisées en France au sein du Fonds Social Juif Unifié.
Les écoles hors contrat (40% du total) et sous contrat juives (environ  60% du total)  se côtoient étroitement et présentent une pratique de la liberté pédagogique qui semble assez similaire.

Elles sont organisées en réseaux dont l’identité est bien marquée comme le réseau de l’Alliance israélite universelle (AIU) fondé en 1860, le réseau Ozar Hatorah créé après- guerre, le réseau Lubavitch (Habad), le réseau Yabné… D’autres écoles sont indépendantes de tout réseau comme l’école Maïmonide à Boulogne-Billancourt…

L’association Choisir l’école juive donne les informations à ceux qui cherchent une école juive qui leur corresponde.


Les écoles musulmanes

Les écoles musulmanes hors contrat sont environ une cinquantaine et scolarisent environ 10 000 élèves. Certaines sont rattachées à la FNEM (Fédération Nationale de l’Enseignement Musulman), qui dépend de Musulmans de France (ex UOIF). D’autres relèvent d’autres réseaux ou sont indépendantes.

À noter que certaines écoles musulmanes privées sous contrat viennent de perdre leur contrat et sont revenues transitoirement ou durablement à l’état d’école privées hors contrat (Lyon, Lille).

Les écoles musulmanes sont diverses dans leur orientation religieuse : certaines sont plus rigoristes que d’autres. Leur nombre est peu élevé comparativement à l’importance de la population se déclarant musulmane en France.

Les écoles musulmanes sont étroitement surveillées par les services de l’État qui craignent qu’elles n’alimentent un séparatisme islamiste.