Stanislas Dehaene

Stanislas Dehaene (1965 – ) est un neuroscientifique français spécialisé dans les mécanismes cérébraux de l’apprentissage, de la lecture, du langage et de la conscience. Il est également connu pour ses interventions dans le débat public, notamment concernant l’enseignement des mathématiques en France et la gestion de l’éducation durant le Covid.

Né à Roubaix, il suit ses études secondaires au sein du lycée privé Sainte-Geneviève avant d’intégrer l’École normale supérieure en 1984. Il y étudie les mathématiques appliquées avant de s’orienter vers la psychologie cognitive et la neurobiologie auprès de Jacques Mehler. Le chercheur continue de se former au cours d’une maîtrise en mathématiques à l’université Pierre-et-Marie-Curie puis d’un doctorat en psychologie, obtenu en 1989.

Ses principaux domaines de recherche concernent les bases cérébrales de l’arithmétique et de la numération, ainsi que la lecture et la conscience. Peu après la fin de ses études, en 1992, il part aux États-Unis afin de se former aux techniques d’imagerie cérébrale. À son retour en France, Stanislas Dehaene participe au développement des recherches en neuro-imagerie cognitive au sein du centre NeuroSpin, dans l’Essonne. Son travail se voit récompensé par une nomination au Collège de France en 2005, sur la chaire de psychologie cognitive expérimentale.

Depuis 2018, il préside le Conseil scientifique de l’Éducation nationale, où il se concentre sur les sciences cognitives en lien avec l’apprentissage. En parallèle de son travail de recherche, il publie de nombreux ouvrages de vulgarisation scientifique, parmi lesquels La Bosse des maths (1996), Les Neurones de la lecture (2007), Le Code de la conscience (2014) et Apprendre ! Les talents du cerveau, le défi des machines (2018), qui contribuent à diffuser les neurosciences auprès d’un large public.

Pédagogie

Si Stanislas Dehaene n’est pas pédagogue en tant que tel, ses recherches en neurosciences ont largement contribué à la compréhension des mécanismes cérébraux impliqués dans l’apprentissage. Il a montré que l’apprentissage reposait sur quatre piliers fondamentaux : l’attention, l’engagement actif, le retour sur erreur et la consolidation.

L’attention permet à l’élève de sélectionner les informations pertinentes face aux nombreux stimuli qui l’entourent, il faut donc lui expliquer clairement quels sont les éléments qui méritent d’être pris en compte ou non. L’engagement actif repose sur l’idée que l’élève apprend mieux lorsqu’il participe à son apprentissage. L’enseignant doit ainsi privilégier des activités de manipulation et de recherche afin de favoriser l’engagement actif des élèves. Le retour sur erreur constitue également une étape essentielle du processus d’apprentissage. En effet, les neurosciences indiquent que le cerveau progresse lorsqu’il identifie un écart entre sa réponse et la réponse attendue. C’est pourquoi l’analyse des erreurs permet à l’élève de savoir où il en est et d’adapter sa méthode de travail. Enfin, la consolidation désigne le processus par lequel les connaissances sont stabilisées dans la mémoire grâce à la répétition, à l’entraînement et au sommeil.

Les travaux de Stanislas Dehaene reposent également sur le concept de plasticité cérébrale. Selon lui, tout au long de la vie, le cerveau évolue et forme de nouvelles connexions en fonction de nos expériences vécues. Cette idée se manifeste également à travers la théorie du recyclage neuronal. Pour Dehaene, certaines acquisitions culturelles récentes, telles que la lecture ou l’arithmétique, sont possibles grâce à la réutilisation de circuits neuronaux plus anciens. La plasticité du cerveau permet donc d’adapter les réseaux neuronaux à de nouveaux apprentissages.