Le modèle éducatif finlandais

Longtemps présenté comme le meilleur système scolaire au monde, le modèle finlandais était devenu une référence grâce à ses excellents résultats Pisa, dont sa troisième place au classement Pisa en 2009. Aujourd’hui, alors que la Finlande a reculé dans le classement et se situe autour de la 12ᵉ place mondiale, le pays s’interroge sur les conséquences de ses dernières réformes. Entre forte volonté égalitaire, tutoiement des professeurs et emplois du temps allégés, comment expliquer le succès d’un modèle longtemps admiré, mais aussi les limites de l’éducation finlandaise ?

Histoire

Jusqu’à la fin des années 1960, la Finlande possédait un système élitiste fondé sur la sélection des enfants dès la quatrième année de primaire. Les meilleurs éléments pouvaient entrer au collège et le reste restait deux années de plus à l’école primaire. Afin de démocratiser l’accès à l’éducation, le pays crée la peruskoulu, l’école fondamentale unique mise progressivement en place dans tout le territoire entre 1972 et 1977. Cette réforme aurait contribué à réduire de 25 % les inégalités sociales. L’instruction obligatoire jusqu’à 16 ans existe en Finlande depuis 1921, mais c’est uniquement depuis 2020 que les jeunes doivent poursuivre leur scolarité jusqu’à 18 ans.

Pédagogie

La méthode finlandaise se fonde sur quatre piliers : l’égalité des chances, le respect du rythme des enfants, la valorisation du statut d’enseignant et le recours à la pédagogie active.

L’entrée à l’école obligatoire intervient à partir de 7 ans, soit plus tardivement que dans la majorité des pays en Europe, où elle est fixée à 5 ou 6 ans en moyenne. Avant cela, les enfants intègrent des structures préscolaires quasiment gratuites, et la loi finlandaise assure à tous les enfants une place en crèche dès l’âge de 10 mois. Cette décision est fondée sur la conviction que les institutions scolaires doivent respecter le rythme naturel de maturation des enfants. Cela permettrait aussi de réduire le stress lié à la pression scolaire et de développer un système d’apprentissage efficace sur le long terme.

La Finlande est également reconnue pour sa forte culture de l’égalité. En effet, les écoles proposent un accompagnement individualisé aux élèves en difficulté afin de limiter le risque de décrochage scolaire. Aussi, les parents sont exonérés de l’intégralité des frais liés à la scolarité, comme la cantine, le transport scolaire ou encore les fournitures demandées.

Si le bien-être des élèves est au cœur de la stratégie scolaire finlandaise, le pays accorde une importance certaine à ses enseignants. Recrutés à haut niveau universitaire, ils bénéficient d’un statut social élevé et d’une reconnaissance particulière. L’administration des écoles laisse aux professeurs une grande liberté quant à l’approche pédagogique et à l’organisation des cours. On y privilégie l’enseignement actif, avec de nombreux travaux de groupe ou projets interdisciplinaires.

Enfin, les horaires en classe sont très souples avec des pauses fréquentes, et le volume horaire de cours est réduit, afin que les enfants puissent se consacrer à des activités extrascolaires. Les devoirs et examens sont limités car la Finlande considère que l’essentiel des apprentissages est réalisé en classe.

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