Ivan Illich

Ivan Illich (1926-2002) est un ancien prêtre catholique devenu philosophe. Sa critique de la société industrielle et sa pensée écologiste ont fait de lui une figure importante de la philosophie contemporaine.

Né à Vienne dans une famille de diplomates, il étudie la cristallographie, la philosophie ainsi que la théologie avant d’intégrer la prêtrise de Rome. Après avoir travaillé à l’université catholique de Porto Rico, il fonde le CIDOC (Centre interculturel de documentation) de Cuernavaca au Mexique en 1966, où il forme plus de 10 000 adultes à la langue espagnole. C’est notamment au cours de ce mandat que le Viennois de naissance développe sa réflexion sur la pédagogie et l’éducation libre. Il renonce au sacerdoce pour pouvoir continuer ses activités au CIDOC jusqu’à sa fermeture en 1976, et rentre en Europe enseigner l’histoire médiévale à Brême. Il meurt en 2002 d’un cancer dont il a refusé le traitement, fidèle à ses critiques envers le système médical moderne.

Pédagogie

La pensée éducative d’Ivan Illich s’inscrit dans une critique globale de la société industrielle. Selon lui, les institutions modernes tendent à transformer les moyens (outil, mécanisme, organisme) en systèmes bureaucratiques finissant par détourner l’objectif initial.

L’école n’échappe pas au phénomène : en monopolisant l’accès au savoir, elle fait croire que l’éducation ne peut exister sans elle. Le penseur autrichien va jusqu’à expliquer que « l’école est l’agence de publicité qui nous fait croire que nous avons besoin de la société telle qu’elle est ». Comme tout moyen, le savoir est désormais vu comme une marchandise que l’on vend uniquement par le biais de l’école, poussant l’enfant à délaisser la responsabilité de son propre apprentissage. Cette uniformisation de l’éducation engendre des élèves dépourvus d’esprit critique, qui seraient prêts à consommer des programmes scolaires prémâchés par des autorités soi-disant compétentes. Elle porte atteinte aux aspirations propres des individus et formate ces derniers à n’être que de simples consommateurs.

L’ancien prêtre ne souhaite aucunement supprimer l’apprentissage, mais bien le libérer de l’institution scolaire. Pour lui, l’enfant possède des capacités d’apprentissage naturelles qu’il développe en dehors de l’école et au contact d’autrui. C’est pourquoi Ivan Illich défend la déscolarisation de la société en développant des « réseaux de communication culturelle » qui seraient soutenus par des centres de documentation culturelle, dans une logique d’enseignement mutuel. Ces derniers seraient accessibles à tous, car il faut permettre d’apprendre à tout âge.

Ivan Illich ne propose pas de pédagogie à proprement parler, mais bien une profonde remise en question de la légitimité de l’école comme unique institution capable d’éduquer les enfants. Il ouvre la voie à de nouvelles formes d’apprentissages plus autonomes, horizontales, et ce, tout au long de la vie.

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