Fernand Oury (1920-1998) est un enseignant français né à la Garenne-Colombes. Il est notamment connu pour sa pédagogie institutionnelle inspirée à la fois de la pédagogie Freinet et de la psychanalyse.
Fernand Oury (1920-1998) est un enseignant français né à la Garenne-Colombes. Il est notamment connu pour sa pédagogie institutionnelle inspirée à la fois de la pédagogie Freinet et de la psychanalyse.
Frère du psychiatre Jean Oury, fondateur de la clinique de la Borde, il s’intéresse très tôt aux apports de la psychanalyse dans les relations éducatives. Oury commence à travailler à l’âge de 19 ans en tant qu’instituteur suppléant dans une classe de 45 élèves. Il se rend très vite compte que « Charlemagne a menti » et que les classes homogènes n’existent pas. Cette expérience marque profondément l’enseignant et fait éclore en lui l’idée d’une école adaptée à l’hétérogénéité des élèves, à laquelle il consacrera toute sa carrière. Lors de la Seconde Guerre mondiale, il devient militant politique et est emprisonné pour faits de résistance. Peu après la guerre, en 1949, Fernand participe à un stage organisé par Célestin Freinet à Cannes, qui le convainc de rejoindre le mouvement.
Cependant, il estime que la pédagogie Freinet ne répond pas aux problématiques liées à l’école en milieu urbain ni aux problématiques liées à la gestion des conflits en classe. Trois ans plus tard, le courant de la pédagogie institutionnelle se scinde en deux, et Oury poursuit alors le développement de sa propre conception de la pédagogie institutionnelle avant de se rapprocher de nouveau du mouvement Freinet au début des années 1970.
Pédagogie
Lors de son exercice en tant que professeur à la Garenne-Colombes, Fernand Oury est confronté à la très forte hétérogénéité de sa classe. Pour résoudre ce problème, il s’inspire du judo où chacun possède un niveau différent tout en s’entraînant sur le même tatami. L’enseignant transpose alors le système des ceintures dans l’environnement scolaire.
À la rentrée scolaire, Fernand Oury fait passer une évaluation à ses élèves afin de noter leur niveau dans chaque matière. Il leur attribue une ceinture en fonction des résultats et place les enfants par groupes de niveau. Chaque noyau a des exercices, des devoirs adaptés et travaille ensemble, permettant de limiter le décrochage scolaire. L’objectif est de se préparer pour la prochaine session de tests et d’obtenir la ceinture supérieure. Avec cette méthode, l’important ne réside plus tant dans les notes que dans l’obtention des ceintures et la progression. Il est plus motivant de travailler avec un objectif à l’esprit que pour un test dans lequel l’élève sait qu’il aura une mauvaise note. Par ailleurs, les ceintures ne sont pas accrochées à la taille des enfants mais sur un tableau à la vue de tous. Ainsi, lorsque quelqu’un est confronté à un problème dans une matière, il consulte le tableau et demande de l’aide à quelqu’un ayant une ceinture supérieure à lui. Cela a pour bénéfice de donner confiance aux bons éléments et de favoriser l’entraide, tout en désacralisant la figure du professeur comme unique source du savoir.
Aux ceintures de niveau s’ajoutent les ceintures de comportement. Mises en place dès le début de l’année, elles sont attribuées en fonction de la capacité des élèves à être autonomes et responsables. C’est une manière de faire respecter les règles tout en mettant les efforts des enfants en valeur. Obtenir une ceinture de comportement donne des devoirs mais également des droits, tels que pouvoir rester seul dans la classe.
Observant que les cours étaient régulièrement perturbés par des conflits, Fernand Oury a également développé l’institution. Sorte de transposition de l’Assemblée nationale dans une salle de classe, ce moment offre l’opportunité aux élèves d’aborder tous les sujets tenant de la vie de la classe.
Comme dans une assemblée, on retrouve un président de séance, un secrétaire, un responsable du matériel, etc., et l’ordre du jour est complété régulièrement par les enfants au cours de la semaine. Il s’agit de régler tous ces événements ou gênes qui interfèrent avec l’apprentissage. L’institution apprend aux élèves comment fonctionne la démocratie, et permet de donner le cadre stable nécessaire à la réussite scolaire.
Livre et site de référence
- Oury Fernand, Vasquez Aïda (1971). De la classe coopérative à la pédagogie institutionnelle, Paris, Maspéro. Idem Matrice éditions. Le « livre rouge ».
- https://avpi-fernand-oury.fr