Charlotte Mason

Charlotte Mason (1842-1923) est une enseignante britannique qui a consacré la majeure partie de sa vie à améliorer l’éducation des enfants. Ses préceptes sont repris plus tard dans le mouvement de l’instruction en famille.

Discrète, elle n’a donné que peu d’éléments sur sa vie personnelle. Elle est née à Bangor, dans le pays de Galles, et a reçu son éducation à la maison. À la suite du décès de ses deux parents, alors qu’elle n’est âgée que de 16 ans, Charlotte est accueillie dans la famille de son père.

Elle suit une formation d’enseignante avant de travailler plus de dix ans au sein de la Davidson School de Worthing, en Angleterre. Nourrie par cette expérience, l’enseignante est persuadée que les parents peuvent prendre part à l’éducation de leurs enfants. Cette conviction l’amène à développer l’idée d’une « éducation libérale pour tous ». Elle rédige par ailleurs des ouvrages de géographie, d’histoire et de poésie. Mais c’est en 1886 que son travail prend un nouveau tournant : la conférence qu’elle donne à des femmes sur l’éducation à domicile est éditée sous le titre Home Education.

Son travail rencontre un écho important auprès des familles et des éducateurs de son époque, avec qui elle fonde le Parents Educational Union (PEU), une association de parents destinée à promouvoir la réflexion sur l’éducation et à diffuser ses principes pédagogiques. L’ancienne enseignante prolonge cette démarche par la création du Parent’s Review, un journal consacré à la pédagogie dont elle est rédactrice en chef.

Son œuvre prend une nouvelle dimension lors de sa rencontre avec Henriette Franklin en 1890, qui met en place la première école respectant les principes de Mason. Enfin, elle fonde la House of Education, un établissement destiné à former des éducatrices selon ses principes pédagogiques. La Britannique consacre les dernières années de sa vie au développement des institutions inspirées de sa pédagogie.

Pédagogie

Charlotte Mason considère la pédagogie comme une matière vivante, qui doit s’adapter à chaque enfant et à chaque famille. Dans l’introduction de son 6ᵉ ouvrage, elle expose les vingt principes sur lesquels elle fonde son éducation.

Le premier d’entre eux est que l’enfant est une personne dès sa naissance. Ce dernier ne naît ni bon ni mauvais, mais avec une capacité à faire le bien et le mal. Dans un contexte intellectuel marqué par le darwinisme, elle insiste sur la responsabilité et la capacité de l’enfant à développer son jugement.

Pour favoriser ce développement, Charlotte Mason identifie trois instruments éducatifs : l’atmosphère, la discipline et la vie. L’atmosphère désigne l’environnement dans lequel évolue l’enfant, notamment au sein du foyer. La discipline repose sur la création d’habitudes formées par la réflexion. Enfin, la vie renvoie à l’idée que le besoin intellectuel et moral est aussi essentiel que ses besoins physiques. L’enfant est un organisme spirituel qui a besoin de « nourriture de l’esprit ».

Cette importance accordée à la discipline amène Charlotte Mason à prôner l’entretien d’habitudes fortes. Il est essentiel de mettre en place des routines claires qui permettent de sécuriser l’enfant. Cela contribue également à la formation de son caractère et au développement de son autonomie.

Chez l’enseignante britannique, la nature joue un très grand rôle dans le développement de l’enfant. Elle va jusqu’à la surnommer la « première éducatrice de l’enfant ». Milieu idéal pour que l’enfant s’épanouisse, la nature permet de comprendre le monde, ainsi que la patience.

Sur le plan pédagogique, l’éducatrice britannique privilégie des leçons courtes et variées afin de maintenir l’attention des élèves. Elle accorde également une importance particulière aux living books, des livres vivants écrits par des auteurs passionnés, capables de transmettre des idées riches telles qu’une morale ou une leçon de vie, et de susciter l’intérêt de l’enfant. Après leur lecture, les élèves pratiquent la narration, c’est-à-dire une explication, par leurs propres mots et à voix haute, de ce qu’ils ont compris et pensé de ce qui a été lu. Cette méthode amène les enfants à parcourir mentalement les idées reçues, à les ordonner afin de transformer la lecture en apprentissage. Par ce biais, elle souhaite donner beaucoup de nourriture d’esprit aux élèves, tout en leur laissant également du temps pour s’épanouir hors de l’école.

Sa philosophie éducative est résumée par sa devise « Je suis, je peux, je devrais, je ferai », qui illustre l’importance donnée à la dignité de la personne, à sa responsabilité mais également à ses capacités.

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