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Oui mais...

Les écoles indépendantes ont bien des inconvénients, me direz-vous. Je vous propose de faire le tour des reproches les plus fréquemment formulés.

 

« Elles sont chères, elles sont réservées aux riches » ?

oui-mais1Faux. Elles sont toutes moins chères que leurs homologues à l’étranger, en particulier dans les pays anglo-saxons. Ces tarifs plus bas tiennent compte du fait que la culture française ne prédispose pas à payer pour l’école de ses enfants. Culturellement, les Français considèrent qu’ils paient des impôts élevés pour cela (puisque plus de la totalité de l’impôt sur le revenu est consommé pour couvrir les dépenses de l’État en matière d’éducation) et qu’il n’est pas juste qu’ils aient à payer encore pour l’école de leur enfant. En Grande-Bretagne, nombreuses sont les familles qui commencent à épargner dès la naissance de l’enfant et vont jusqu’à hypothéquer leur maison pour financer les études payantes de leur enfant. Ce que les Français sont prêts à faire pour les études supérieures, un nombre significatif d’Anglo-Saxons le font dès la maternelle.

Il faut ensuite distinguer les écoles hors contrat à but lucratif (elles sont constituées en entreprises à but lucratif) qui peuvent être chères voire très chères et les écoles hors contrat à but non lucratif dont les tarifs dépassent rarement ceux des établissements privés sous contrat parisiens. Il y a souvent une confusion entre ces deux types d’écoles qui sont bien différentes, et dans leur financement et dans leur esprit.

Combien coûte la scolarité dans ces écoles ?

Les tarifs moyens de ces écoles (à but non lucratif), lorsqu’elles sont situées en province, sont en moyenne de 1 700 euros par an pour le primaire et de 2 800 euros pour le secondaire en externat.

Pour Paris, les tarifs sont plus élevés mais rarement davantage que les plus prestigieuses des écoles privées sous contrat parisiennes .Si les prix sont nettement plus élevés, vérifiez, vous verrez qu’il s’agit d’écoles à but lucratif.

Comment les tarifs sont-ils fixés dans les écoles indépendantes à but non lucratif ?

Les écoles indépendantes à but non lucratif sont développées dans une optique de service de tous. Elles travaillent pour l’intérêt général. Les prix sont fixés à partir de ce que les familles cibles sont capables de payer et non à partir des coûts réels, lesquels sont supérieurs. Les écoles organisent des kermesses ou recherchent des dons pour boucler leur budget.

Lors de leurs premières années d’existence, les écoles indépendantes sont en général fortement déficitaires. Il leur faut compter en moyenne environ 80 enfants dans le primaire pour atteindre un équilibre et 170 dans le secondaire. Ce n’est bien sûr qu’un ordre d’idée, tout dépendant des coûts fonciers, de la présence ou non de personnel bénévole, de l’implication ou pas de parents bénévoles...

N’est-ce pas une élite qui fréquente ces écoles ?

oui-mais3Ces écoles sont fréquentées par des parents pour lesquels l’éducation compte. C’est vrai que cela constitue une élite en soi. De nombreuses études montrent que l’intérêt des parents pour l’éducation, leur implication morale dans les études de leurs enfants, la valorisation de l’étude et du travail scolaire jouent un grand rôle dans la réussite académique de l’enfant. De ce point de vue donc, oui, les parents qui confient leurs enfants à des écoles indépendantes représentent une élite sociale et morale.

Mais pas une élite financière. On trouve dans les écoles indépendantes une grande variété d’origines socio-économiques. Au moins autant si ce n’est plus que dans les écoles privées subventionnées. Cela s’explique facilement d’ailleurs. Les familles d’origine immigrée ou de faible niveau d’études savent que, sans une solide instruction dans un cadre propice, leurs enfants n’ont que peu de chances de s’en sortir. Ces familles ont donc une grande motivation pour choisir les écoles indépendantes et réalisent souvent des sacrifices financiers importants pour permettre à leurs enfants d’accéder à une école qui joue encore le rôle d’« ascenseur social ».

Dans les écoles indépendantes confessionnelles, on trouve souvent des familles nombreuses dont la mère se consacre à l’éducation des enfants. Ces familles sont donc mécaniquement paupérisées par ce choix éducatif. Il est particulièrement faux de considérer que ces familles sont privilégiées d’un point de vue économique, si on se rapporte au revenu après impôt par tête dans le foyer.

 

 

Une autre crainte souvent formulée est de penser que les élèves pourraient éprouver ensuite des difficultés pour rejoindre le système normal.

 La loi prévoit le passage entre les différents systèmes d’instruction. Il faut passer un test de niveau pour rejoindre une école publique (cela ne présente en général aucune difficulté, ne serait-ce que parce que les écoles publiques n’ont pas de niveaux auxquels comparer les candidats, vu qu’elles ne pratiquent jamais ce type d’examen).

oui-mais4Pour rejoindre une école privée sous contrat, il faut déposer un dossier. L’école privée a le droit de faire passer un test de niveau si elle le souhaite. Les écoles privées sous contrat ont bien sûr tendance à prendre facilement les bons élèves et moins facilement les moins bons ou les turbulents. Tout dépend donc de la réputation de l’établissement hors contrat d’une part et du carnet de notes du candidat d’autre part. Tout cela n’est pas bien surprenant. Lorsqu’une école indépendante existe depuis une dizaine d’années, elle est nécessairement connue dans la commune et dans les environs. Si sa réputation est solide, il est bien rare que les écoles sous contrat environnantes demandent encore de passer les tests de niveau ou fassent des difficultés pour accepter leurs élèves.

Il peut y avoir des cas de blocages injustifiés. L’établissement sous contrat vit parfois mal le développement d’une école indépendante non loin de lui et saisit l’occasion des demandes d’inscription pour manifester son mécontentement. Certains établissements mettent un point d’honneur à prendre les élèves issus du hors-contrat après tous les autres, comme pour les « punir ». Ces situations anormales se résolvent généralement par une intervention auprès du directeur diocésain, de l’évêque ou, le cas échéant, du secrétariat général de l’Enseignement catholique, soucieux de regarder toutes les candidatures avec une égale bienveillance.

Il est évident que de leur côté les écoles indépendantes doivent veiller à établir des relations ouvertes et cordiales avec les établissements environnants.

 

 

Mais qu’est-ce qui me garantit la qualité des écoles indépendantes ?

Rien ne saurait vous garantir absolument la qualité d’une école, qu’elle soit publique ou privée d’ailleurs.Mais ce qui est certain, c’est que les écoles indépendantes, ne bénéficiant pas de subventions publiques, dépendent directement des frais de scolarité et des dons. Nul doute que les effectifs et les dons collectés chutent drastiquement lorsque l’école n’est pas à la hauteur des attentes des familles. Et c’est très sain. C’est une sorte de sélection naturelle. Les parents votent avec leurs pieds : ils quittent les écoles qui ne sont pas à la hauteur des sacrifices financiers consentis pour y scolariser leurs enfants. Donc, si une école se développe, c’est généralement qu’elle a un bon niveau et un bon esprit. Si elle périclite, c’est mauvais signe !

oui-mais2Parce que les écoles indépendantes sont payantes, elles sont en général suivies de près par les parents. Cette implication des parents est aussi un gage de qualité. À la différence d’une école publique qui ne peut pas se séparer d’un professeur titulaire peu compétent ou démotivé, les écoles indépendantes ont tous les moyens de remercier un professeur qui s’acquitte mal de sa mission. Le degré de satisfaction des parents est un critère souvent très pertinent pour gérer les ressources humaines. Au moins aussi pertinent que la note donnée aux professeurs titulaires par l’Inspection académique ! Si les résultats académiques des enfants sont décevants, si les effectifs ne progressent pas, c’est que le professeur ne fait pas bien son travail. Parce qu’il est libre de ses moyens et que sa liberté pédagogique est respectée par l’établissement, il est logique et nécessaire qu’il soit tenu comptable du résultat. Ce serait sinon un véritable régime d’irresponsabilité !

 

De nombreuses écoles sont de plus engagées dans une véritable démarche Qualité pour garantir aux familles un service satisfaisant dans le temps. Cette démarche a été impulsée par la Fondation pour l’école (http://www.fondationpourlecole.org/fr/articles/le-programme-qualit.html).

Enfin, le fort développement des écoles indépendantes constitue une présomption de qualité. Ouvrir une école est tout sauf simple, dans un contexte d’absence de financements publics. Or, chaque année, près de 40 nouvelles écoles sont créées. C’est donc que ces écoles sont jugées dignes de confiance par un nombre toujours plus significatif de parents. Sans être une preuve en soi, c’est un signe assurément positif !

Il est à noter que le droit français ne prévoit pas que les enfants scolarisés dans des écoles indépendantes puissent se présenter aux concours de référence (Olympiades, concours général). C’est dommage car certains établissements hors contrat de haut niveau auraient ainsi pu prouver publiquement leur excellence (ou du moins celle de leurs meilleurs éléments). Cet oubli a été dénoncé par notre association dans le cadre de deux procès (l’un devant le Conseil d’État et l’autre au niveau européen ; vous pouvez voir le dossier complet des procès sur http://www.fondationpourlecole.org/fr/lutte-contre-les-discriminations.html), mais nous n’avons pu obtenir gain de cause. Les décisions de justice ne se commentent pas, c’est bien connu, mais on ne peut s’empêcher de s’étonner du refus de permettre à ces jeunes de se mesurer aux autres. Aurait-on peur qu’ils se taillent la part du lion dans les classements ?